Les principaux traits géologiques du Queyras
Pour qui vient par Guillestre, l’accès au Queyras passe par une route taillée dans une falaise rive gauche du Guil, 200 m. à la verticale du torrent.
À partir de la Maison du Roy, la D 902 reste encaissée au fond d’une combe avec des versants très raides voire de véritables parois au défilé de la Chapelue.
Nous sommes ici dans le Queyras calcaire, véritable barrière naturelle responsable de l’isolement du Queyras pendant des siècles, peu favorable à l’habitat. Cette roche, ainsi que la dolomie et la cargneule, ne retient pas l’eau qui s’infiltre et “fuit” par des réseaux souterrains inexploitables. La seule exception est Ceillac dont l’implantation s’est faite dans une plaine issue du comblement d’un lac d’origine glaciaire par des alluvions, Arvieux et Furfande devant leur relief plus doux à la présence d’une roche différente, flysch et schistes, dans un environnement calcaire.
La Casse Déserte à Arvieux

À partir de Château-Queyras, les pentes se font plus douces et le paysage s’ouvre. La roche dominante est le calcschiste, ou schiste lustré. Elle est tendre et absorbe l’eau qui va s’accumuler dans des sortes d’éponges naturelles, par exemple des moraines, et qui sera ensuite restituée sous la forme de multiples sources permanentes.
C’est dans cette zone que sont installés les plus gros villages. Dans ces schistes émergent des sommets pointus de couleur sombre composés d’ophiolites ou “roches vertes” issues du fond d’un océan créé par l’écartement de l’Europe et de l’Afrique. Le rapprochement des deux continents fera disparaître cet océan et provoquera la création des Alpes.
Le col de la Noire à Saint Véran

Une fois leur mise en place terminée, ces roches ont été travaillées par l’érosion. Les alternances de gel et de dégel, les eaux de pluie attaquent plus facilement les roches tendres, gypse et schistes, creusent des trous et créent des cols.
De la même façon, les glaciers modèlent lors de leur progression la forme générale de la vallée, créant des verrous glaciaires, correspondant à un surcreusement en amont d’une roche dure, des lacs et un profil en U caractéristique, lui même à son tour modifié. Lors de périodes froides, après le retrait des glaciers 10 000 ans avant notre ère, le sol ne dégèle qu’en surface et n’absorbe pas l’eau de fonte des neiges. Il se forme ainsi des boues qui s’écoulent lentement, bouchent les fissures mais surtout s’accumulent au fond de la vallée pour transformer le U en un V dissymétrique, les schistes ayant été inclinés vers le sud-est lors de la surrection des Alpes. Ce phénomène est très visible dans les vallées du Cristillan (Ceillac), de St Véran, de Fontgillarde et de l’Echalp.
Ces contraintes géographiques et géologiques ont conditionné l’implantation humaine, réservant les meilleures terres de l’adret aux cultures en opposition avec un ubac raide et très boisé apprécié des chamois. Les villages sont installés dans des endroits sans valeur agricole, souvent à la merci du torrent et des inondations chroniques.
La valléée de Molines-Saint Véran

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